Lundi 17 mars 2008
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L'homme
L'homme qu'était maître Michigami, je ne prétends pas en parler d'une manière absolue car qui peu prétendre réellement le connaître. Je n'en parlerais donc qu'avec
l'éclairage personnel de quelqu'un qui a pu tisser, au fil des années passées à son contact quelque lien d'amitié.
L'homme, Michigami Haku, s'était lui même investit d'une mission, et dès son arrivée en France, toute sa vie a été consacré à l'accomplissement de cette mission. Il n'a eu qu'un seul but, celui
de transmettre son enseignement dans le respect des valeurs qui y sont associée. Et il a montré toute sa vie une attitude courageuse et volontariste. Pour lui, le dépassement suprême consistait à
tout risquer pour quelque chose considéré comme supérieure à soi-même.
Et selon le code des valeurs héritées du "bushido", on peut dire que son enseignement a été transmis dans un esprit d'abnégation et d'altruisme : bo-ki-ri-ta.
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Tous ceux qui l'ont connu peuvent témoigner pour dire que dans la prunelle de ses yeux, de cet homme au regard hors du temps, brillait une énergie et une volonté
d'accomplissement extraordinaire. De cette énergie et de cette volonté émané un charisme exceptionnel.
Sa seule présence sur un tatami était de nature à nous stimuler et à nous inciter au dépassement. Baignant dans cet esprit dynamique, on ne pouvait qu'être entraîné soi-même. Il était en
tout cas un remède formidable contre le doute et le pessimisme. Il n'est pas galvaudé de dire que l'on pouvait se ressourcer auprès du maître.
Maître Michigami était également d'une profonde humanité, cette humanité propre aux hommes ayant un parcours riche et ayant connu des situations extrême.
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Il savait prendre ses distances par rapport aux choses et aux événements quotidiens, il savait garder un comportement toujours égal.
Se sachant un individu de passage sur cette terre, il le faisait avec un détachement tranquille qui lui permettait d'affronter avec sérénité les difficultés et les oppositions d'où qu'elles
viennent. C'était aussi un homme de devoir, il avait un grand sens de l'honneur et une foncière honnêteté. C'était un esprit droit et net, aussi exigeant que fidèle en amitié. Il avait coutume de
dire à ses proches : "l'amitié c'est comme un beau vase en porcelaine, il faut en prendre soin, si on le casse, on peut toujours recoller les morceaux mais il ne reprend jamais son éclat d'avant.
Les traces en sont indélébiles".
Son esprit de détachement lui a aussi permis de vivre pleinement le présent, lui a permis de savourer les bonheurs simples. Je conserve très présent en ma mémoire les bons moments passés
ensemble, toujours dans la bonne humeur, à cultiver cette amitié autour d'une table garnie d'un bon repas et d'un bon verre.
Pour lui l'amitié était une des valeurs essentielles. Comme il a su être pour ses proches à la fois le Senseî et un ami sincère ! Pour lui les judokas constituaient une
famille, ils doivent s'entraider, c'est un des principes fondateurs du Judo.
STAGE DE BORDEAUX AVEC MAITRE RYOSAKU HIRANO EN 1992
Par yann
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Dimanche 16 mars 2008
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17:38
Une rencontre qui a compté dans mon expérience et découverte du judo dans les années 90 !
tout simplement extraodinaire! quelque chose de tout à fait particulier on bascule dans une autre dimension trés proche de celle de maitre mifuné! "LA PRATIQUE DE L'ART!"
une vraie leçon de judo, j'y reviendrai avec aussi une autre rencontre ryosaku hirano!
mais pour l'heure une introduction d'un aticle sur l'historique du dojo bordelais et disponible sur leur site.
le parcours d'un homme hors du temps...
Pour comprendre le Maître de Judo aussi bien que l'homme qu'a été Michigami Haku, il est intéressant de se rappeler le contexte historique du Japon de sa
jeunesse.
L'histoire du Japon est marquée par une série de changements brusques. Il y'a environ 2000 ans, c'est le Japon de la tribu du Yamato,
le temps du Japon archaïque. Son chef est en même temps chef religieux et descendant de la déesse du soleil, par une longue lignée d'empereur fondée aux ages légendaires. C'est l'origine de la
dynastie actuelle, la plus ancienne du monde ; la seule qui soit resté sans brisure, disent les Japonais.
La religion d'alors, le Shinto, qui elle aussi existe encore aujourd'hui, adorait le soleil ainsi que les milieux et esprits sacrés qui peuplaient les monts, les forêts et les eaux.
Ensuite, vers le VI ème siècle, vient le premier grand changement avec l'absorption à haute dose de la civilisation du puissant voisin, la Chine.
En un peu plus d'un siècle la métamorphose était accomplie et le pays du soleil levant (Ni-Hon) rivalisait en politique en art et en raffinement de toute sorte avec son modèle.
C'est à cette période qu'arrivent le bouddhisme, les idéogrammes chinois, un modèle d'état et de gouvernement, une philosophie - le confucianisme et des arts très divers.
Le confucianisme a une importance très grande dans le développement de la nation japonaise. Il façonne le pays moral et social. Il prêche l'ordre
et l'obéissance à l'Etat. Ce mouvement d'appropriation du modèle chinois va durer jusqu'au IX ème siècle. Mais déjà se confirme un phénomène caractéristique, le Japon "japonise" tout ce qu'il
reçoit de Chine. Il adopte tout ce qu'il adopte. Mieux encore, son goût de la perfection améliore la copie ou l'emprunt.
Du IX è jusqu'au XII ème siècle environ, suit ensuite une période où le Japon redevient Japonais. Il s'est donné une nouvelle capitale au beau nom de "capitale de la Paix et de la
Tranquillité", en Japonais Heian-Kyo (l'actuel Kyoto).A partir de cette période le Japon va connaître une longue période de développement et d'enrichissement culturel endogène. Elle a ainsi
tenue ses promesses de paix et de tranquillité pendant plusieurs siècles sans guerre.
Puis à partir du XII ème siècle commence un demi millénaire de guerres. Le régime féodal se développe. A ce moment là, s'instaure également une étrange dualité de pouvoir : un Shogun (général
en chef) tout puissant et un empereur. C'est également la grande époque des Samouraïs et la naissance du code de guerrier, le "bushido".
Jusqu'au XII ème siècle, les guerres civiles sont permanentes entre les "Daimyos" (grands noms), chefs de clans féodaux. Vers 1600 environ, le vainqueur définitif est le Shogun Leyasu Tokugawa.
Il s'installe à Edo, la nouvelle capitale qui deviendra plus tard Tokyo. Ses successeurs régneront sur le pays sans interruption jusqu'en 1868.
Cette période se traduit par une complète fermeture du pays qui se trouve complètement isolé du monde, excepté un peu de commerce avec un comptoir de marchands hollandais à Nagasaki. Le Japon
va alors à nouveau connaître 2 siècles entiers de paix absolue sans guerre extérieure ni guerre intérieure. Il n'aura pas non plus de politique extérieure et pas d'expérience d'un appartenance
à la communauté internationale. Cette expérience pèsera longtemps et fort sur le comportement du Japon. Ainsi privé de source de renouvellement, il ne participe pas aux développements
scientifiques et techniques qui entraînent les autres nations vers l'âge moderne.
Quand apparaissent les bateaux des américains et d'autres nations dites modernes, sommant le Shogun d'ouvrir ses ports au commerce occidental, le
régime s'effondre. Comme alors un des plus grand revirement de l'histoire de ce pays. Dans cette deuxième moitié du XIX è siècle, le Japon entreprend de s'occidentalisé, c'est le commencement
de l'ère Meiji et le retour de l'empereur comme chef unique de la nation. Le pays rentre en pleine effervescence et une période de rattrapage des autres nations commence. Cette période culmine
vers 1900 avec la victoire du Japon sur la Russie tsariste et un début d'empire colonial : Corée, Taiwan et début d'exploitation de la Mandchourie.
Le japon se retrouve le seul pays asiatique alors admis dans le cercle des grandes puissances. C'est vers ce moment, qu'en 1912 naît Michigami Haku dans le village de Yawatahama, dans la
préfecture de Ehime sur l'île de Shikoku. Le pays alors tout imprégné d'une grandeur reconnue.
L'histoire du Japon est ainsi faite d'un enchaînement de changements brusques. Il faut cependant souligner qu'à chaque fois il se jette à fond dans ce qui est nouveau mais il ne détruit pas ce
qui était avant. Le Japon juxtapose le nouveau qui le passionne et l'ancien qu'il conserve.
Un exemple typique en est le Shinto. Il est resté la religion nationale que le bouddhisme n'a pas évincé. Un autre exemple est la révolution Meiji, le Japon s'ouvre et s'occidentalise, mais il
a soin de conserver et même de protéger l'ancien Japon. D'où l'impression surprenante d'un visiteur étranger aujourd’hui, qu'il y a 2 Japons autour de lui.
Le Maître Michigami Haku constitue, à mon sens, l'incarnation d'un exemple supplémentaire de ce phénomène. Fort d’une formation traditionnelle dans l'esprit des Samouraï de l'époque féodale, il
n'en vivait pas moins dans un pays en pleine évolution, en pleine "modernisation". Ouvert au monde moderne, aux bienfaits et aux progrès qu'il représentait aussi pour les gens, il n'en est pas
moins resté tout acquis et fidèle sa vie durant à ces valeurs du Japon ancien.
voici une video avec ce lien sur mon site video!
Par yann
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